QUITTE LE DESORDRE !

(Publié le 20 Juin 2017)

Inondations sur le tout Abidjan. Et la même question : « pourquoi il y a inondation chaque année et l’on ne fait rien pour que cela n’arrive pas ? » ; Parce que nous sommes désordonnés. Il ya certainement de sérieux problèmes de maintenance des infrastructures, mais il y a sans aucun doute le désordre de nos concitoyens.

Aucune norme n’est respectée, aucune ligne n’est admise. Chacun fait ce qu’il veut comme il veut. Des réfrigérateurs, des congélateurs, des ventilateurs, des lits, des poubelles sont jetés dans les caniveaux. Entre nous, à partir du moment où l’eau de pluie ne peut plus circuler, où va-t-elle couler ? On construit là où cela est interdit. Les bassins d’orage deviennent des quartiers huppés qui tentent de braver les réglementations administratives et plus globalement les forces de la nature.

A chaque petite averse son lot de morts. Les pluies de 2017 ne sont pas plus fortes que celles d’il y a 20 ans et 30 ans. Pourquoi sont-elles subitement devenues aussi meurtrières ? Il y a quatre (4) ans, le Gouvernement a remis de l’argent et des kits aux familles vivant dans les bas-fonds et les zones à risques afin qu’elles quittent ces zones et aillent dans des zones moins dangereuses. Dès qu’elles ont reçu cet argent, de nombreuses familles ont fait semblant de partir mais sont revenues recoloniser les mêmes sites, encore plus nombreuses qu’avant. Certains ont même intégré ces allocations à leurs budgets annuels, de sorte qu’à l’approche de chaque saison des pluies, ils vont s’installer dans les zones à risque afin de bénéficier des finances du Gouvernement. Misère et désordre sont souvent des jumeaux difficiles à séparer.

Ces destructions et morts en cascades que provoquent les pluies ne sont que les parties les plus « liquides » de notre désordre ambiant. Car le désordre, beaucoup de nos concitoyens veulent en faire un mode de Gouvernement. On ne respecte plus les rangs ni les consignes. Les années de désordre ont façonné beaucoup de mentalités.

On voit partout dans les rues des automobilistes, chauffeurs de taxis ou de transport en commun en train de faire la guerre avec les agents de sécurité chargés de la circulation. On leur demande de s’arrêter pour laisser passer les autres automobilistes, ils accélèrent. On leur demande d’accélérer, ils immobilisent leurs véhicules net au milieu de la chaussée pour faire monter un client. Il est écrit « sens interdit », mais ce sont les véhicules administratifs qui s’y engouffrent, indiquant aux autres automobilistes qu’il ne faut pas respecter les panneaux qu’eux-mêmes les patrons ont fait poser.

Le feu est rouge, cela veut dire pour eux qu’il faut continuer à circuler. Ils sont Daltoniens par occasion. Ils roulent sur les trottoirs à vive allure, garent dans les caniveaux, couchent les voitures sur le côté, défoncent les voies avec des masses interdites.

Ils klaxonnent à 23h devant leurs résidences pour que leurs portails soient ouverts, sans respect pour les voisins qui dorment.

Je le redis, le comportement public sur les routes d’un pays révèle toujours la mentalité d’un peuple. Une circulation désordonnée révèle un peuple peu sage.

Le désordre n’est pas la norme, la preuve en est que nous mourons du désordre que nous avons créé. C’est encore à toi que s’adresse cette autre supplique : « pardon, quitte le désordre »

VINCENT TOHBI IRIE

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