NOUS SOMMES IVOIRIENS

Retour sur la photo de la semaine.

J’ai fini ma réunion avec le village d’Akouedo, au milieu de la décharge. Cette réunion est symbolique. C’est la toute dernière puisqu’une page se tourne définitivement.

Après la réunion, je descends au pont bascule où j’ai rendez-vous avec un des responsables en charge de la transformation de la décharge. Je descends de la voiture en parlant au téléphone. Je suis en avance de quelques minutes. Je patiente. J’ai les mains dans les poches. J’entends une voix derrière moi, je pivote. C’est un jeune vigile. Il dit quelque chose que je n’entends pas bien. Tout se passe en quelques secondes. Il y a du vacarme. De nombreux engins lourds travaillent déjà sur le site.

Je continue d’attendre les mains en poche. Je finis tout ce que j’ai à faire à Akouedo et je retourne à mon bureau.

Quelques minutes après, je reçois par WhatsApp d’un jeune du village les photos de ma visite. Tous les jeunes et tous les notables des 93 villages du Département d’Abidjan ont mon unique numéro de téléphone. C’est un choix que j’ai fait pour rester en contact.

Lorsque je reçois les photos, je remarque celle avec le vigile.

Après 12 années passées dans le monde anglo-saxon où il y a peu de convenances sociales, j’ai perdu certaines habitudes. Mais là, je suis à Abidjan. La photo fera forcément polémique un jour où l’autre .

Je décide donc d’assumer cet instant volé par une photo de portable et de la mettre comme une des photos d’illustration de mon post sur Akouedo le lundi dernier. Et les réactions sont celles attendues.

Au delà de certains commentaires, comme toujours, une chose a marqué mon attention : le niveau du débat.

Les citoyens du Département d’Abidjan peuvent s’attarder sur des choses triviales dans un langage très bas et vulgaire mais lorsque survient un débat d’un certain niveau, les réactions ont un niveau tout aussi élevé.

Plus mes posts sont longs et compliqués, plus il y a des réactions tout aussi longues et d’un niveau très soutenu, plus soutenu que mon texte lui-même.

Pour en revenir à la photo, il est heureux qu’une posture d’un officiel et d’un citoyen fasse débat. Certains fustigent le Préfet, d’autres le vigile. D’autres encore les deux .

Lorsque nous devenons hyper sensibles à certains codes sociaux, nous nous réconcilions avec notre humanité. Lorsque nous sommes choqués pour une personne blessée alors que nous avions vu des centaines de morts par le passé sans aucune émotion, c’est que nous commençons à sacraliser la vie humaine et à préserver l’intégrité physique de tout être humain, qui qu’il soit.

C’est que nous commençons à fonctionner comme le Gouvernement ivoirien l’a toujours souhaité, c’est à dire comme il faut dans un pays moderne.

Bravo donc à tous pour l’expression de notre attachement aux valeurs sociales.

Ces libres expressions doivent éloigner le Département d’Abidjan de la violence.

Nous pouvons nous critiquer, polémiquer, nous railler , mais il est vital que nous tournions le dos à la violence dans nos cités .

Une bonne partie de mon temps de travail est consacrée aux questions sécuritaires. Vous n’avez aucune idée de l’atrocité de certaines images dans l’exercice de cette fonction.

En préférant le verbe à la violence, nous ferons avancer Abidjan.

Bravo à tous.

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